LA PLOMBEE

Une période de vie m’a donné la chance de vivre « la passion de ma pêche ». De plus durant ces années j’ai eu et j’ai toujours le contact avec ceux qui la pratiquent et l’ont adopté. Ceci est un éternel enrichissement qui associé à la pratique, l’envie de savoir et comprendre toujours plus, d’être plus performant mais aussi explicite, finalement de posséder cette technique de la manière la plus complète possible afin de la pratiquer au mieux, m’apporte beaucoup de bonheur ! C’est ce qu’elle demande et qu’elle mérite. Je ne crois pas que l’on puisse l’aborder à la légère en pensant avoir des résultats sans donner de son envie, de son intéressement, de l’amour qu’on lui porte. Comme je l’ai souvent dit mais peut-être pas toujours assez fort, il ne suffit pas de vouloir, faut-il encore une certaine approche et un certain esprit pour la faire sienne. La pensée du « vouloir » bien pêcher et celle de « vouloir » attraper du poisson ont le même objectif mais sont bien différentes et méritent d’être classées dans l’ordre logique et représentatif de cette pratique.

J’ai toujours entendu dire de la part des pêcheurs aux appâts vivants que la difficulté dans cette pêche résidait dans la plombée ! Bonne plombée réussite, mauvaise plombée pas de poissons ! Je sais que le « bien pêcher » ne dépend pas que de la plombée. Elle est un élément qui s’ajoute à six autres dont on dispose pour créer « La Ligne » et qui sont : nylon corps de ligne, guide fil, émerillon, nylon bas de ligne, hameçon et appât. La ligne dépendra de la plombée mais la réciproque est vraie. Une ligne se doit de se rapprocher de la perfection dans le choix des divers produits qui doivent lui amener les 2 qualités qui lui sont indispensables : l’homogénéité et la fluidité. La dérive après est sensée faire le reste. Je crois avoir souvent constaté qu’une ligne qui passe bien et intéresse le poisson, n’a pas été réalisée en faisant n’importe quoi et avec une plombée « bidon ». Il est trop facile de croire cela. Oui, c’est sûr que l’on peut toujours attraper 1 ou 2 poissons, sans savoir pourquoi ! Je pense que ce jour-là, ce n’est pas 1 où 2 qu’on aurait dû en prendre mais peut- être 8 ou 10 ! La beauté de la pêche est justement d’attraper un poisson en voyant et comprenant où et comment passe sa ligne, en sachant pourquoi on l’a attrapé. C’est cela qui nous donnera les moyens d’apporter des rectifications s’il y a lieu. Nous sommes tous capables de faire des plombées correctes, voir même judicieuses. Trop souvent, pas mal de points importants sont négligés, inconnus ou oubliés et seule la vitesse de l’eau est utilisée.

Trois éléments déterminants et incontournables interviennent dans la plombée :
L’EAU / LES PLOMBS / LE POISSON

1° – L’EAU
  Cette technique se pratiquant en eaux vives, il est évident que tous les pêcheurs prennent en considération la vitesse pour faire la plombée. Ceci est déjà bien mais incomplet. Si par exemple une veine d’eau coule à environ 4km/h avec une profondeur de 50cm et une autre veine d’eau à la même vitesse mais avec une profondeur de 1m20, la plombée qui sera adaptée à la 1° sera à revoir pour la 2°. Effectivement, le volume ajoutera une puissance à prendre en considération. Souvent dans les grandes rivières, l’eau ne va pas plus vite mais la masse, le volume sont bien plus importantes, donc nécessité de plombées plus lourdes. En résumé en arrivant sur le parcours et le coup choisit, il faudra qu’une partie de notre plombée corresponde à l’eau, c’est-à-dire à sa vitesse et son volume (vitesse/volume). Nous avons la 1° partie de la plombée (nous en reparlerons).

2° – LES PLOMBS 
Cela peut paraître évident, mais il y aura toujours à respecter la numérotation et le positionnement des plombs. Il est hors de question de mettre des plombs sur une ligne n’importe comment et n’importe où. Dans de telles conditions j’arrive à comprendre que faire une plombée paraisse difficile. C’est tout sauf çà ! Pour que notre ligne nous permette de comprendre comment et où elle passe, il lui faut une homogénéité et une fluidité parfaite, sans la moindre cassure du bout du scion à la pointe de l’hameçon (la vie de ligne). Un exemple va être le bienvenu, croquis 1.

Numéros : dans cet exemple, le plomb le plus bas appelé plomb de base est ici un n° 8, celui situé au-dessus est un n°7 par obligation !! (Si l’exemple avait été fait avec un plomb n° 5 comme plomb de base, celui d’au-dessus aurait été un n° 4. Toujours dans le même esprit de fluidité de la ligne). Au-dessus du 7 nous avons le choix, un autre 7 ou un 6, et celui du haut peut être un 7, un 6 ou un5. Sur cet exemple, la ligne la plus légère en partant avec un plomb de base n° 8 serait 8-7-7-7 et la plus lourde 8-7-6-5. Plombées intermédiaires : 8-7-7-6 et 8-7-6-6. Dans tous les cas il y aura toujours une logique dans la grosseur des plombs. On ne doit pas sauter un n° car cela provoquerait une légère cassure. Ne pas faire par exemple 8-5-5-3 etc. Il doit obligatoirement y avoir une progression de grosseur pour espérer avoir sous l’eau une ligne équilibrée et sans cassure. Il serait tout à fait irrationnel par exemple de démarrer avec un n° 9 en plomb de base et de finir sur des n° 3. Si on a besoin des 3 en tête de plombée, l’eau que l’on pêche est obligatoirement assez rapide et puissante, donc dans ce cas les petits plombs du bas ne sont nullement adaptés, ils vont être bousculés par les divers courants dans lesquels ils ne devraient pas être, voler et passer au-dessus de ceux du haut (croquis 2) Dans ce cas, le plomb de base devra être au moins un 6 pour une ligne équilibrée.

Dans tous les cas, le nombre de plombs minimum utilisé sera de quatre, ceci afin d’avoir un fond de ligne arrondi et sans cassures, voir croquis n° 3. Une plombée avec seulement 3 plombs comportera 3 cassures, avec les conséquences que cela entraîne, à savoir perte de la maîtrise du passage de la ligne à compter de la 1ère cassure et jusqu’à l’appât. Le maximum, dans des situations de pêche classiques, ne devrait pas dépasser huit. Il y a certaines situations assez exceptionnelles qui suscitent des plombées très spécifiques, mais nous traiteront ces conditions de pêche au cas par cas, pour l’instant restons dans les situations classiques auxquelles nous sommes confrontés dans le 95% des cas.

La disposition des plombs. Eviter les cassures ! Ne pas perdre de vue que le fond de la ligne doit vivre naturellement et qu’il y a l’obligation de la maîtriser en continu ce qui nous permettra de rectifier les erreurs s’il y a lieu. Pour réaliser cette plombée on sait que les numéros doivent être respectés mais également les écarts entre les plombs. L’exemple du croquis 1 est explicite. Toujours en prenant un exemple pour mieux m’expliquer : si le plomb de base est à 9cm de l’hameçon et le 2° plomb à 2cm du 1°, quelle que soit la disposition des autres, il y aura déjà une cassure au niveau du plomb de base car il manque une proportionnalité d’écart les 9cm et les 2cm du 1° plomb au second ! Ouf, il n’est pas évident d’expliquer tout cela par écrit !
Comme nous allons le voir, c’est dans la prise en considération de l’appât et du poisson que le positionnement des plombs prend toute son importance. La disposition des n° de plombs se doit de conserver l’homogénéité et la fluidité de la ligne.

3° – LE POISSON
Durant la saison il faudra adapter ses choix aux comportements évolutifs du poisson. Perpétuels changements qui seront dus aux phénomènes naturels, eaux froides, fortes, faibles et réchauffées, orages, soleil, vent, été, hiver etc. Le choix des appâts sera lié à toutes ces modifications et il sera bon de faire en sorte de trouver celui que la truite attend. Il n’est pas logique de pêcher toute une saison avec le même appât, comme il n’est pas logique de pêcher toute la saison avec la même ligne et la même plombée. C’est notre technique qui doit s’adapter aux conditions et non l’inverse. Il va donc falloir observer, tirer les conclusions des conditions qui nous sont proposées et faire des choix sur la rivière à pêcher, le parcours, les veines d’eaux, les appâts, tout cela déterminera la vie que je dois donner à ma ligne. Plus elle sera en accord avec l’eau que l’on pêche, plus elle réussira à intéresser le poisson. Elle sera toujours à l’image de nos choix. Certaines choses simples sont à savoir sur le comportement de la truite, son rythme de vie, ses préférences, ses besoins, ses lieux préférés. Pour améliorer sans cesse notre savoir, l’observation, la découverte, la compréhension seront nécessaires. Après suivra la mise en application qui élargira notre technique et acte de pêche.

En schématisant un peu, on situe 3 saisonnalités entre l’ouverture et la fermeture :

1/ La période d’ouverture avec des eaux froides (souvent entre 5 et 7°) et bases, avec souvent la fonte des neiges qui s’ajoute, montant leur niveau, changeant la couleur et maintenant leur température toujours aussi froide. Le comportement du poisson dans ces conditions pour toutes les raisons que l’on connaît, est en semi-léthargique, bougeant peu etc. Pour l’intéresser nous devrons donc lui présenter un appât lui demandant le moins d’effort possible pour s’en saisir. Il faudra faire en sorte qu’il lui arrive gentiment ! Pour atteindre ce résultat il sera bon de choisir un appât naturellement lourd comme le ver qui en cette période est un des meilleurs appâts. La plombée devra présenter notre appât passant bien en fond, ou est calée la truite. Nous aurons donc une plombée basse et groupée, c’est-à-dire le plomb de base à environ 5 à 6cm de l’hameçon. Important : une plombée basse et groupée ne veut pas dire une plombée lourde ! Effectivement, à cette époque on cherchera les truites dans les eaux ou elles n’ont pas à lutter contre les courants puissants et qui leur donne la possibilité de prendre une éventuelle nourriture. Une plombée trop haute et étalée aurait le résultat inverse en présenterait l’appât avec beaucoup trop de mouvement et d’amplitude, tout ce qui dans de telles eaux ne l’intéresse pas.

2/ La période fin de fonte des neiges et début d’étiage. Les eaux commencent à se réchauffer (10 à 12°), à diminuer, s’éclaircir. La truite va revivre, sortir de sa léthargie, bouger plus. Cela lui créera des besoins nutritionnels. Je trouve personnellement que c’est la période de la saison où l’on peut prendre le plus de plaisir car le poisson est plus souvent en poste et un appât bien présenté à toute chance d’être pris en considération ! Mais voilà, cette période passe très rapidement, environ une semaine. La palette des appâts s’élargit un petit peu, ver, teignes, vers d’eau, larves……Quant à notre plombée elle va être modifiée, donnant un petit peu plus de mouvement et de vie à la ligne. Un plomb de base un peu plus haut, 8cm environ et toujours un écartement proportionnel pour les autres, en se resserrant sur le haut de la plombée, comme toujours.

3/ L’étiage, niveau moyen le plus bas (dixit « Larousse »). Durant cette période la truite peut être partout. Il faudra une faculté d’adaptation importante pour prospecter, éviter les parties trop ensoleillées en milieu de journée en recherchant des bordures courantes, oxygénées, ombragées. Les appâts légers seront de rigueur en cette saison. Notre plombée sera encore modifiée. Un étalement plus marqué assouplira la ligne lui donnant une vie plus souple et ample vivant totalement avec l’eau, permettant un passage très naturel de l’appât. Un appât léger doit toujours passer comme un appât léger et non comme un lourd. Il serait offusquant de faire passer une mouche naturelle comme un ver ou réciproquement. Le plomb de base sera à environ 10cm maxi et souvent relativement petit. Les autres plombs, toujours les mêmes recommandations, respect des n° et des écarts entre eux. Lorsque nous pêchons avec des appâts légers, choisissons les veines d’eau qui en sont porteuses, c’est-à-dire les bordures des courants principaux qui justement poussent les appâts légers sur les côtés.
Le croquis 4 résume les 3 différentes situations.

La plombée est un élément déterminant qui donne la vie nécessitée et désirée à la ligne. Une ligne sans vie n’intéressera aucun poisson, sauf accident ! Il n’y aura jamais lieu de faire passer des appâts lourds avec des plombées étalées et des appâts légers avec des plombées basses et groupées cela serait en parfaite opposition avec la nature. Notre recherche doit se situer à ce niveau : être capable de faire passer un appât sur sa ligne de manière aussi naturelle et belle que s’il passait librement. Lorsque la plombée est faite, avant de lancer la ligne, prendre l’hameçon dans une main et 1m50 au-dessus, le nylon dans l’autre main, regarder la courbe de sa ligne, sa fluidité, si elle ressemble à ce que l’on a voulu créer (croquis n°4), amener les petites retouches si nécessaire. Il faut, avant de la confier à l’eau avoir le sentiment de l’objectif atteint. Pendant l’acte de pêche on vivra avec elle, en étroite collaboration, elle saura nous communiquer ses qualités et ses défauts. Nous avons créé un émetteur, à nous d’être le meilleur récepteur possible sachons traduire les sensations et les perceptions que nous vivons profitons de ces instants fabuleux, c’est magique !
Sans vouloir compliquer, je constate qu’il y a 2 plombées dans une plombée : la 1° est celle destinée à l’eau (vitesse/volume) et représentée par les plombs étant sur le haut de la plombée, c’est à dire « la plombée poids » la 2° est celle destinée au poisson, à la vie de la ligne, et représentée par les plombs situés sur le bas de la plombée, « la plombée pêche ».
Chaque fois que nous pêcherons avec des plombées bases et groupées nous aurons une vie de ligne presque négligeable. Au fur et à mesure que nous monterons notre plomb de base et étalerons notre plombée la vie de notre ligne prendra de plus en plus d’importance sur la plombée. A nous de savoir choisir, au milieu de cette immense panoplie qui est à notre disposition, celle qui se rapprochera de la plombée idéale par rapport aux choix que nous aurons fait.

Tout n’est pas dit, loin de là, mais il nous sera possible d’y revenir en cours de saison.
Je vous souhaite à tous de trouver la bonne plombée pour bien dériver dans cette nouvelle saison en compagnie de votre amie la truite.

2 commentaires sur “LA PLOMBEE

  1. Merci, très bon article avec des croquis qui permettent de mieux comprendre les explications. C’est génial.

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